Récemment mis à jour le 13 janvier 2026 à 22:59:31
Chères amies, chers amis : gardons espoir !
Certes, notre initiative a obtenu un peu moins de 40% et nous espérions mieux. Considérons cependant que ce résultat est une nouvelle étape : l’élargissement de la démocratie citoyenne poursuit son parcours dans le débat public à Genève. Sans aucun doute, elle y reviendra dans quelques années. Le texte proposé a probablement été considéré comme trop exigeant par une partie du corps électoral, notamment par rapport aux possibilités d’élections aux chambres fédérales et à l’exécutif cantonal. Même si ces craintes relèvent plus du fantasme que de la réalité, il faudra s’en souvenir.
Il y a, à mon sens, un parallèle intéressant à faire avec le suffrage féminin. Lors du premier vote fédéral, en 1959, il a obtenu seulement 33% et il a fallu attendre 1971, donc 12 ans, pour qu’il soit enfin adopté, et largement : à 66%. Pendant la première moitié du XXe siècle, de nombreuses votations cantonales et communales n’avaient pas permis aux femmes d’obtenir ce droit de vote local. Une longue maturation de l’électorat, exclusivement masculin donc, s’est révélée nécessaire, sans oublier que certains cantons se sont montrés bien plus rétifs que les autres…
Dans notre canton, la population étrangère résidente depuis 8 ans a obtenu le droit de vote municipal lors de la votation du 24 avril 2005, avec 52% de oui à l’IN 123 « J’y vis, J’y vote : la cadette ». Le même jour, l’IN 122 « J’y vis, J’y vote : l’aînée », qui proposait d’y adjoindre le droit d’éligibilité communal, était repoussée par 53% de non. Pour parvenir à élargir ce droit de vote au canton, et y inclure les éligibilités municipale et cantonale, il nous faudra constamment lutter contre l’amalgame construit par nos adversaires entre cette démocratie citoyenne et la naturalisation. Rappelons-en brièvement deux différences essentielles, à mentionner systématiquement : les droits civiques proposés sont temporaires, puisque liés au lieu de résidence ; ces droits sont intransmissibles au conjoint ou aux enfants, puisque liés exclusivement à la personne concernée.
Comme pour le suffrage féminin, il est probable qu’il faudra bien des scrutins pour que cette démocratie citoyenne passe la rampe à Genève. Même si ce n’est pas DPGE qui portera la suite de cette lutte dans les années à venir, continuons individuellement à sensibiliser autour de nous, en particulier la population étrangère concernée, dont on sait qu’elle participe insuffisamment aux scrutins municipaux.
La lutte continue !
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